1. Période d'ouverture et état de la route 2026

Le Col du Grand-Saint-Bernard culmine à 2'469 mètres d'altitude, ce qui en fait le troisième col routier le plus élevé de Suisse après l'Umbrail (2'501 m) et le Nufenen (2'478 m). En raison des conditions nivologiques extrêmes régnant à cette altitude, la route du col est fermée durant la majeure partie de l'année.

Quand le col ouvre-t-il au trafic routier ?

La réouverture intervient généralement entre début et mi-juin, après d'importants travaux de déneigement menés conjointement par le Service de la mobilité du Canton du Valais et les services routiers de la Région autonome Vallée d'Aoste. La fermeture intervient aux premières chutes de neige significatives, habituellement vers la mi-octobre.

Pour franchir la frontière suisse-italienne en dehors de la période estivale, les usagers empruntent le Tunnel du Grand-Saint-Bernard (5'798 mètres de longueur). Ouvert toute l'année sans interruption, ce tunnel à péage relie Bourg-Saint-Bernard (côté valaisan, 1'918 m) à Saint-Rhémy-en-Bosses (côté italien, 1'875 m).

2. Profil d'ascension : vélo, moto et automobilistes

Le Grand-Saint-Bernard constitue l'une des montées les plus mythiques de l'arc alpin pour les cyclotouristes et les motocyclistes :

  • Versant suisse (depuis Martigny) : Une longue ascension de 44 kilomètres cumulant plus de 2'000 mètres de dénivelé positif. La partie basse (Martigny - Sembrancher - Orsières) est très roulante, tandis que les 15 derniers kilomètres après Bourg-Saint-Pierre offrent des lacets serrés avec des rampes régulières entre 8 % et 10 %.
  • La séparation col / tunnel : Au niveau du portail nord du tunnel (Bourg-Saint-Bernard), la route du col bifurque vers la droite. Les 6 derniers kilomètres traversent une combe sauvage à l'abri des poids lourds, offrant une vue dégagée sur le lac gelé du col.
  • Versant italien (depuis Aoste) : Une montée de 34 kilomètres avec une déclivité moyenne de 5,7 %, jalonnée de points de vue sur le massif du Grand-Paradis.

3. L'Hospice millénaire et les célèbres chiens Saint-Bernard

Le col est fréquenté depuis l'Antiquité comme voie de passage majeure entre le nord et le sud de l'Europe (la Via Francigena). Vers l'an 1050, Saint Bernard de Menthon, archidiacre d'Aoste, y fonde un hospice pour porter secours aux pèlerins et marchands égarés par les tempêtes de neige et les brigands.

Desservi par les Chanoines réguliers de Saint-Augustin, l'Hospice perpétue une tradition d'accueil ininterrompue depuis près d'un millénaire. C'est ici qu'est née la race des chiens Saint-Bernard, élevés dès le XVIIe siècle pour retrouver les voyageurs enfouis sous les avalanches, dont le légendaire Barry.

En mai 1800, le Premier Consul Napoléon Bonaparte franchit le col avec une armée de 40'000 hommes et ses pièces d'artillerie lors de la seconde campagne d'Italie, un événement immortalisé par les tableaux de Jacques-Louis David.

4. Conseils de sécurité et équipement obligatoire

Même en plein mois de juillet ou d'août, les températures matinales au sommet du col peuvent avoisiner 0 °C, et des rafales de bise glaciale ou des brouillards denses sont fréquents. Voici les règles indispensables :

  1. Consulter les webcams et bulletins officiels : Avant de vous engager sur la route d'altitude, vérifiez systématiquement l'état d'ouverture sur le bulletin routier officiel du TCS et MétéoSuisse.
  2. Équipement thermique : En vélo ou en moto, prévoyez impérativement coupe-vent, gants d'hiver et couches chaudes pour la descente.
  3. Pièces d'identité : Le col marque la frontière internationale entre la Suisse et l'Italie (zone Schengen). Un passeport ou une carte d'identité en cours de validité est requis.